samedi 24 septembre 2022

[Chronique]Les Dallery, une famille de facteurs d'orgues dans les remous de l'histoire (1702-1875) de Marie-José Leclercq

Bonjour à tous, je suis bien contente de retrouver les pages de ce blog pour une nouvelle chronique accompagnée d'une interview en plus. 

J'ai été contactée par mail il y a quelques mois pour lire Les Dallery, une famille de facteurs d'orgues dans les remous de l'histoire (1702-1875) de Marie-José Leclercq aux éditions BoD. Nous avons échangé de nombreux mails où nous avons parlé littérature, histoire et généalogie. 

J'ai donc eu la chance de lire le livre, envoyé directement par la maison d'édition, BoD que je remercie très chaleureusement. 

Marie-José Leclercq a animé une conférence sur son livre organisée par la Société des Antiquaires de Picardie au Musée de Picardie. J'ai donc pu la rencontrer en vrai et écouter la conférence. Nous nous sommes retrouvées le lendemain pour une interview dans un superbe cadre (mais je vous en dirai plus dans un autre article). 

Pourquoi avoir répondu au mail ? Plusieurs mots ont attiré mon attention : généalogie (bien sûr) mais aussi Picardie et enfin facteur d'orgue (je n'avais aucune idée de ce que cela pouvait être). 



Présentation : 


Titre : Les Dallery, une famille de facteurs d'orgues dans les remous de l'histoire (1702-1875)
Auteur : Marie-José Leclercq
Édition : BoD Editions
Genre :  Histoire / Essai
Nombre de pages : 537 pages

Résumé :

 
"Facteurs d'orgues du roi" et "facteurs" d'orgues de l'empereur", les Dallery ont occupé la scène durant près de deux siècles, de Louis XV à Napoléon III, particulièrement en Picardie et à Paris. Ils ont réalisé, modifié et entretenu de nombreux instruments historiques. Mais le cataclysme révolutionnaire, les guerres civiles, le renouveau de la facture d'orgues au 19e siècle et les deux conflits mondiaux ont fait sombrer leurs travaux dans l'oubli. Heureusement, de nombreux documents d'archives racontent leur histoire...   
 

Mon avis :

 
C'est la curiosité qui m'a poussée à choisir de lire cet ouvrage en fonction du sujet, de son intérêt généalogique et de sa localisation géographique. Que je suis contente d'avoir pris le risque de le découvrir. 
 
Marie-José Leclercq nous emmène dans un voyage temporel et dans un univers peu connu des néophytes. En effet, nous parcourons le XVIIIe et le XIXe siècle avec cette famille de facteurs d'orgues, les Dallery. Ce sont ceux qui fabriquent et qui réparent les orgues, puissant instrument de nos églises d'Ancien Régime et d'aujourd'hui. 
 
Après l'avoir lu, j'ai été époustouflée de la quantité d'informations présentes dans le livre, plus de 500 pages.  Les documents originaux sont insérés dans le texte de l'auteur avec leur transcription pour plus de facilité de langage. Tous les documents sont intéressants car ils apportent une plus-value sur les informations données et recueillies.
 
La quantité de recherche et de travail sur cet ouvrage est impressionnant. C'est à la limite de la thèse. Il ne manque pas grand-chose pour que ce soit le cas.  

Les Dallery n'ont pas été bien servis par l'Histoire, on les a un peu oubliés alors qu'ils ont eu un rôle assez important dans les orgues mais aussi pour certains membres dans des inventions que nous utilisons toujours aujourd'hui. C'est également un ouvrage pour ne pas les oublier et pour les faire connaître au grand public. 

Je ne vais pas parler du style de l'auteur, car ce n'est pas un roman du tout donc le style est assez simple. Le fond est le plus important. Néanmoins, tout est facilement compréhensible car Marie-José Leclercq explique très bien son cheminement et son parcours. 

J'ai personnellement beaucoup appris en lisant ce livre, autant sur les facteurs d'orgues, que sur les orgues eux-même, sur la société au XVIIIe siècle, pendant la Révolution ou encore au XIXe siècle. 

J'ai été navrée d'apprendre que les Dallery avaient subi de nombreux revers et étaient si peu connus. A noter, l'orgue de la chapelle de la Sorbonne qui possède toujours des tuyaux des Dallery mais qui ne fonctionne plus depuis des années. Un de mes ancêtres a peut-être croisé Charles Dallery d'ailleurs, il a travaillé sur l'orgue de Saint-Leu au moment où il y était. Il aurait été intéressant de retrouver un lien mais nous n'avons rien pour l'instant. Je ne désespère pas. 

D'ailleurs, j'en profite ici pour remercier Marie-José Leclercq qui m'a relancée sur mes recherches historiques et généalogiques. 

Je vous invite à vous reconnecter dans quelques jours pour découvrir mon ressenti sur sa conférence au musée de Picardie et sur l'interview du lendemain.

A retenir : Une somme d'informations sur une famille méconnue, les Dallery, qui mérite d'être connue, à découvrir donc !
 

Ma note : 9 /10

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Aimez-vous lire des romans en lien avec la généalogie ?
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-Zélie-

samedi 26 mars 2022

[Chronique]1797 : Pour une histoire météore de Anouchka Vasak

Bonjour à tous, je vous propose aujourd'hui un article sur le livre d'Anouchka Vasak paru aux éditions Anamosa : 1797 : pour une histoire météore.

Je remercie Babelio,  Anouchka Vasak et les éditions Anamosa pour cette lecture.

 



Présentation : 


Titre : 1797 : pour une histoire météore
Auteur : Anouchka Vasak
Édition : Anamosa
Genre :  Histoire / Essai
Nombre de pages : 432 pages

Résumé :


Année entre deux eaux de la période appelée " Révolution française ", 1797 est ce moment où l'orage révolutionnaire laisse place à un ciel de traîne aux mille gouttelettes, de l'enfant sauvage de l'Aveyron à Germaine de Staël, de la théorie des nuages de Luke Howard aux premières images mobiles de Carmichael et au déclic poétique de Stendhal...
La météo, ce n'est pas seulement le temps qu'il fait, ni la science qui a pour fonction d'en prévoir les variations. La " science des météores ", est selon Anouchka Vasak un modèle pour penser, et en particulier, pour penser l'histoire faite de passages insensibles, de rémanences ou de résistances.
En douze chapitres, ce livre propose d'éprouver cette méthode atmosphérique. Il s'agit de penser non en termes de rupture mais de glissements, comme les masses d'air ou les nuages se déplacent de proche en proche. Plus spatial que temporel, moins linéaire que chaotique, le modèle météorologique est ici appliqué à l'année 1797. Anouchka Vasak l'a choisie précisément pour sa couleur intermédiaire, dans l'après-coup de la Révolution, entre crépuscule de l'ancien monde et aurore du monde nouveau.
Les douze stations du tour de l'année 1797 sont autant d'arrêts sur images choisis subjectivement, souvent dans les marges de la grande histoire. Ce sont des moments-clé de l'histoire culturelle au sens large (littéraire, esthétique, histoire des sciences...), française mais aussi européenne : première apparition de l'enfant sauvage de l'Aveyron ; mise en question des classifications, en psychiatrie comme en biologie ; état de la langue en 1797 (les effets de la " tempête " révolutionnaire sur la langue) ; nouvelles images (premier modèle noir dans la peinture française, premières images mobiles, débuts de la peinture de plein air, exploration des monstres avec les Caprices de Goya) ; nouveau regard sur les " grands hommes " des Lumières ; émergence de femmes sur la scène publique et politique (Mary Wollstonecraft, Théroigne de Méricourt, Germaine de Staël) ; pulvérisation de la représentation du paysage et de la subjectivité. L'autrice convoque la matière de récits de cas, rapports administratifs, lettres ou notes de voyage, peintures, dessins, croquis parfois griffonnés sur un coin de table ou saisis sur le vif. Autant de motifs infinis pour inviter le lecteur à repeindre les nuages de l'histoire.

 

Mon avis :

 
Après avoir eu la chance de lire l'abolition des privilèges de Bertrand Guillot grâce à la masse critique de Babelio, me voici avec un nouvel livre, enfin plutôt, un essai historique d'Anouchka Vasak, maître de conférence à l’université de Poitiers. 

Ce n'est pas du tout le même genre de livre que celui de Bertrand Guillot. Pourquoi, je me permets de comparer les deux, c'est tout simplement parce qu'ils ont plus ou moins la même période historique en commun, la Révolution française. Pour Anouchka Vasak, il s'agit plus précisément de l'année 1797, année peu connue et pourtant charnière. 

En effet, c'est un essai historique. Anouchka Vasak est aussi l'auteur de Météorologies. Discours sur le ciel et le climat, des Lumières au romantisme paru en 2007. Ce qui m'a le plus marqué est son travail en collaboration avec Emmanuel Le roy Ladurie, un des historiens que j'ai étudié un nombre incalculable de fois à l'université. 
 
On peut aussi trouver sur France Culture quelques podcasts où elle a participé avec les derniers en date intitulé "les chemins de la philosophie", ce qui permet de mieux comprendre son point de vue et certaines de ses références très philosophique et parfois ardues à comprendre pour l'historienne que je suis.
 
Comme, c'est un essai historique, je dois vous avouer qu'il est ardu à lire.  Très ardu à lire même,  c'est un travail très très bien documenté et où les références sont d'une précision chirurgicale. C'est un travail très poussé et de très belles qualités mais je reprocherais à ce texte de ne pas être accessible aux gens non initiés. Même en étant historienne, j'ai eu beaucoup de mal à comprendre certains passages que j'ai du relire à de nombreuses reprises. 

L'introduction est le passage le plus ardu. Ensuite, les différents chapitres permettent d'aborder de manière assez inattendu certains événements de l'année 1797, voir le résumé pour en avoir quelques exemples. J'ai mieux apprécié les chapitres parce qu'il était un peu plus concret mais la thèse de départ est quand même intéressante au possible et très atypique.  

La période révolutionnaire est une période bien compliquée et l'année 1797 ne déroge pas à la règle. Ce livre permet de mieux la comprendre et d'aborder des sujets peu connus. J'ai bien aimé la référence au chevalier Lamarck car j'ai habité longtemps dans une rue qui portait son nom et que j'avais fait quelques recherches sur lui pour ma culture personnelle.

A retenir : Un essai historique intéressant mais peu accessible !
 

Ma note :  6/10

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Aimez-vous lire des livres d'histoire ? Si oui, pourquoi et si non, pourquoi aussi ?
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-Zélie-

vendredi 11 février 2022

[Chronique]L'abolition des privilèges de Bertrand Guillot (Editions les Avril)

Bonjour à tous, je vous retrouve (enfin) aujourd'hui pour vous parler d'un livre que j'ai reçu grâce à Babelio, l'abolition des privilèges de Bertrand Guillot aux éditions Les Avrils

Je remercie Babelio, les éditions les Avrils et Bertrand Guillot pour cette lecture ma foi fort intéressante.



Présentation : 


Titre : L'abolition des privilèges
Auteur : Bertrand Guillot
Édition : Les Avrils 
Genre : Roman historique plus historique que roman 
Nombre de pages : 280 pages 

Résumé :


C’est un État en déficit chronique, où les plus riches échappent à l’impôt. Un régime à bout de souffle. Un peuple à bout de nerfs, qui réclame justice et ne voit rien venir. Un pays riche mais bloqué, en proie aux caprices d’un climat déréglé. Telle est la France à l’été 1789. Jusqu’à ce qu’en une nuit, à Versailles, tout bascule. C’est la Nuit du 4 août.

 

Mon avis :

 
Le 4 août 1789 est, comme le dit très justement l’auteur, une date dans un manuel que les professeurs d’histoire-géographie apprennent à leurs élèves (j’en fais partie). Mais que se cache-t-il derrière cette date mystérieuse ? Nous expliquons aux élèves ce que sont les privilèges mais sans avoir le temps d’entrer dans les détails. Je pense qu’après la lecture de ce livre, je ne pourrais plus faire pareil. La Révolution française n’est pas ma période préférée car je la trouve brouillonne et tellement complexe. J’ai un peu switché lors de mes études mais avec les programmes de 4e ou de 1ère, il a bien fallu remettre les pieds dedans et je vous avouerais que cette période devient de plus en plus intéressante, merci à Bertrand Guillot.

C’est un roman puisque l’auteur est romancier mais il s’est appuyé sur une année de recherche aux archives. J’aurais presque préféré que ce soit un livre d’histoire pour pouvoir en profiter encore plus. Mon cœur de professeur aurait bien aimé la petite bibliographie bien fournie à la fin mais c’est un choix alors il faut le respecter. Je dis simplement que je suis restée un peu sur ma faim de ce fait.

J’ai beaucoup aimé l’humour ou les piques glissés çà et là dans tel ou tel paragraphe, évoquant des situations plus récentes. C’est écrit de manière très fluide, des chapitres très courts mais intenses qui se lisent très rapidement.

Grâce à ce livre, nous pouvons faire la connaissance d’acteurs passés au travers de l’Histoire un peu. Je connaissais les plus connus comme Mirabeau mais Le Chapelier m’était inconnu. Les députés des États généraux étaient tellement variés et différents, 1000 personnes pour se mettre d’accord sur un texte, c’est un exploit !

Le roman est découpé en trois parties non chronologiques. La première nous parle de cette fameuse nuit du 4 août et de ce qui s’y est passé, une immersion dans l’Assemblée nationale comme jamais. La deuxième partie nous explique ce qui s’est passé avant pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants de cette nuit et la dernière partie nous parle d’après, partie que j’ai trouvé tout aussi passionnante car révélatrice de la période historique que ces gens ne savaient pas vivre. Ils essayaient de changer les choses, sans savoir ce qu’ils faisaient pour la plupart.

Ce que j’aime dans cette lecture, j’ai appris beaucoup ! J’ai très envie de pouvoir maintenant faire partager ce savoir avec mes élèves. J’ai également adoré avoir l’impression de faire partie de la masse, de suivre en direct le déroulé précis de cette fameuse nuit.

A retenir : En conclusion, c’est un ouvrage à proposer aux élèves (au CDI) pour leur faire mieux comprendre une partie de l’Histoire tout en restant dans une lecture fluide et agréable. Un grand merci aux éditons Les Avrils et à Bertrand Guilot pour ce roman. 
 

Ma note : 9/10

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Aimez-vous lire des romans historiques ?
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-Zélie-